La rue Lecourbe et l’asile des garçons incurables
Depuis 1858, le paysage urbain de la rue Lecourbe est marqué par l’emplacement d’un établissement particulier : l’asile des jeunes garçons Saint-Jean-de-Dieu. Au début du 20ème siècle, la congrégation des frères de Saint-Jean-de-Dieu a été épargnée par les lois Combes qui conduisirent au démantèlement de nombreux monastères.
L’asile en question se spécialisait, et se spécialise toujours, dans les soins apportés aux enfants incurables. L’objectif était de donner à ces enfants une vie aussi normale que possible. De nombreuses activités leur étaient proposées (reliure, fanfare, etc.). Ils avaient par ailleurs la possibilité de poursuivre leur scolarité. En 1907, sur 500 enfants de tous âges, 10 obtinrent leur certificat d’étude, ce qui est un score exceptionnel étant donné que seuls 10% des écoliers parvenaient alors jusqu’à ce stade.
Ces enfants incurables ont donc besoin de soins, d’une vie quotidienne « normale », mais aussi d’affection. Le handicap est alors une tare, la société ayant en partie intégré les thèses eugénistes qui, malheureusement, trouveront leur consécration dans les années 1930-1940.
En France, il a fallu attendre 1905 pour qu’une première loi traite de l’assistance aux vieillards, aux infirmes et aux incurables. Cette loi rendait obligatoire la prise en charge des frais d’hospice pour cette population par les communes et les départements. 70 autres années seront nécessaires pour qu’une véritable politique nationale du handicap voie le jour.